Cette page qui se tourne s’est accompagnée de changements parmi les partenaires privés du festival. Leclerc a été remercié et remplacé par la Fnac qui a proposé un partenariat avec la SNCF. Les deux entreprises mènent en commun des actions de promotion de la BD, notamment autour de la sélection officielle des 50 albums ; elles promeuvent un nouveau prix du public. De même, RTL s’est fait griller la politesse par France Inter et France Culture, comme partenaire radio. Des parrains historiques, seule la Caisse d’épargne a conservé son statut.
Souvent tendues, les relations entre les organisateurs du festival et les éditeurs de BD n’ont connu cette fois-ci aucun couac majeur. Tous les éditeurs ont répondu présent. Les gros (Dargaud, Glénat, Casterman, Delcourt, Soleil) comme les indépendants. La voilure a été réduite, la part belle a été faite à la BD de création.
Les organisateurs ont marqué un bon point en accédant à la principale requête des professionnels : le retour des “bulles” – espaces dédiés aux dédicaces – au centre-ville. Président du groupe BD du SNE et PDG de Casterman-Fluide glacial, Louis Delas envisage “l’avenir favorablement, pour la première fois depuis longtemps”.
BONNE SANTÉ ÉCONOMIQUE
La bonne santé économique de la BD – il s’est vendu 40,3 millions d’albums en 2007 et le chiffre d’affaires du secteur est en progression de 0,4 %, selon l’Institut GFK – explique aussi ce climat plus serein. 4 313 albums ont été publiés en 2007 (dont 3 312 strictes nouveautés) soit + 4,4 %, d’après les calculs de Gilles Ratier, secrétaire général de l’Association des critiques de bande dessinée (ACBD).
Porte-parole des indépendants, Jean-Louis Gauthey, des éditions Cornélius, estime que “l’équilibre des titres dans la sélection officielle entre grands éditeurs et alternatifs reflète bien la production éditoriale”. Certes, dans l’organisation des bulles, il y a eu “la trahison de Dupuis”, dit-il, qui a préféré rejoindre Glénat et Delcourt au Champ-de-Mars, où seront réunis “tous les éditeurs industriels”, tandis qu’en haut de la ville, la bulle New York rassemblera les indépendants (L’Association, Cornélius, Les Requins marteaux, Ego comme X, Vertige Graphic…). Le taux de fréquentation servira de juge de paix.
Le succès du festival sera aussi jugé sur son ambiance et sur la participation du public – près de 200 000 visiteurs estimés l’an passé – avec notamment les concours d’improvisation de BD, les concerts de dessin et les séances de dédicaces. Au programme, les dessinateurs Zep, Blutch, Jean Giraud, Tronchet, Loisel, Chabouté, les Italiens Tanino Liberatore et Milo Manara…
Dernier défi à relever pour un festival digne de ce nom : le palmarès. Jusqu’à présent, aucun prix ne s’est véritablement imposé comme l’équivalent d’une Palme d’or ou d’un Goncourt. Les prix d’Angoulême ne font vendre qu’à la marge : 15 000 exemplaires de plus, ce qui est honorable, mais la désignation des lauréats ne provoque, en général, pas de flambée en librairie ou dans les grandes surfaces.
